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La saison 3 de Grey's anatomy fut marquée par de nombreux rebondissements, tout d'abord une guerre en coulisse qui a conduit Isaiah Washington a plier
bagages et par la préparation de Private Practice, le spin off centré sur le personnage d'Addison. Mais aussi et surtout par une baisse de qualité après deux premières saisons réussies
sur tous les fronts. Pour être honnête, je n'ai pas été vraiment déçu par la troisième saison, même si c'est clairement la moins bonne avec le recul. A côté d'excellents épisodes surtout dans la
première partie de la saison, la série s'est un peu emmêlée les pinceaux avec des intrigues pour le moins très bizarres comme la noyade de Meredith, le mariage foireux de Cristina ou encore la
liaison contre-nature entre George et Izzie. Cette saison 4 est donc un joli retour aux sources, plus d'humour et de légereté là où la série avait fini par s'enfermer dans un climat presque
depressif entre tous les malheurs de nos médecins du Seattle Grace. Mais tout n'est pas pour autant parfait, et l'on ne retrouve pas vraiment la qualité des deux premières saisons où chaque
épisode rimait avec surprises, humour et scènes émotionnelles fortes. J'étais accro à la série durant les deux premières années, je n'ai pas peur de le dire, et c'est un peu moins le cas
aujourd'hui.
La série est toujours efficace, bien menée et je prend toujours du
plaisir avec les différents personnages, mais il y a clairement quelque chose en moins. Comme si la série n'arrivait plus vraiment à rebondir, elle est devenue un peu trop routinière. Ce qui peut
sembler normale après quatre ans, mais j'espère néanmoins la voir vraiment redemarrer avec la cinquième saison que je m'apprête à commencer. Tout n'a donc pas été parfait durant cette saison, à
commencer par l'intrigue la plus controversée de la série, à savoir la soudaine liaison entre George et Izzie. Cela a été ammené d'une façon très lourde durant la saison 3 alors qu'au départ
l'idée était assez bonne. L'intrigue est mieux gérée dans cette saison, même si il y a vraiment quelque chose qui cloche dans ce couple. Autant l'alchimie entre Katherine Heigl et T.R Knight
fonctionnait parfaitement quand ils étaient amis, autant là ça ne fonctionne pas le moins du monde. Il n'y a pas d'étincelles, et rare sont les moments où l'on vibre vraiment avec leurs scènes.
Un comble alors que la série est pourtant spécialiste dans les scènes purement emotionnelles. Mais contrairement à la saison dernière, le triangle amoureux fonctionne assez bien, et au lieu de
faire passer Callie pour le méchante qui empêche les tourteraux de s'aimer au grand jour, on la rend davantage attachante et c'est finalement pour elle qu'on a le plus de peine. Le désarroi de
cette femme qui voit sa vie personnelle et professionnelle voler en éclats est très bien retranscrit et on abouti à la fin du mariage O'Maley assez rapidement. On retiendra quand même un superbe
prestation de Sara Ramirez lors de sa confrontation avec Izzie où elle lui balance tout ce que l'on voudrait lui dire dans cette saison 4.
Car justement dans cette histoire, si Callie et George arrivent à rester fidèles à eux-même, le personnage de Izzie est complétement massacré. Où est passé l'interne sensible et
profondément humaine ? Non seulement, Izzie se retrouve dans des intrigues à deux sous, mais en plus de cela, Katherine Heigl surjoue en permanence et cela le rend le personnage encore plus
enervant.
Et même après la fin de son histoire avec George, rien ne s'arrange
vraiment pour elle. D'ailleurs, sa love story avec O'Maley est expédiée vite fait bien fait car le public n'a pas été très receptif à cette nouvelle donne. Le pire dans tout cela est que leur
scène de rupture était émouvante et on sentait pour le première fois une alchimie entre eux, un comble. On ne fera sans doute jamais machine arrière, l'idée était mauvaise, point barre. Mais on
constate surtout que Izzie fonctionne bien mieux dans les intrigues médicales, et à de très courts moments, on a l'impression de retrouver la Izzie sensible des premières saisons. Notamment quand
elle doute de son futur en tant que médecin et qu'elle se pose des questions sur sa prochaine spécialité. On retrouve le personnage tel que je l'aimais, et l'actrice est bien meilleure. Il ne
faut donc pas allé chercher plus loin. Mais ce n'est pas non plus une généralité, car certains de ses cas médicaux sont très mal gérés. En tête on retrouve cette épisode absolument insupportable
où elle invente des maladies à un pauvre patient pour gagner un stupide concours, ou lorsqu'elle nous sort un discours anti-avortement imbuvable à une patiente enceinte et séropositive. Elle
retombe plus ou moins sur ses pieds en fin de saison avec une bonne intrigue en compagnie d'Alex, mais je redoute déja la suite du personnage. Pour George, c'est beaucoup plus simple, une fois
débarassé de son boulet de petite amie, on retrouve le personnage tel qu'on l'aime, ou plutôt tel que je l'aime car beaucoup n'aime pas George O'Maley. Cela n'a jamais été mon cas, j'ai toujours
trouvé le personnage sympathique et touchant, même si ses intrigues n'ont pas toujours été les meilleures. Mais il se rattrappe clairement en fin de saison en redevevant celui qu'il a toujours
été, le gars sur qui on peut toujours compter. A tel point qu'il en devient l'interne du chef qui n'a toujours pas pris sa retraite. Cela lui permet aussi de se poser des questions sur son futur
de médecin, car il redouble sa première année. Dommage cependant que l'on explore pas plus cette période difficile dans la vie de George, cela aurait pu être très interessant, et c'est à peine
exploré.
Et il y a bien sur Meredith et Derek. J'ai eu un sentiment un peu étrange à leur propos durant toute la saison. Le début était charmant en ce qui les concerne, ensuite j'aurai bien voulu les voir
se noyer pour de bon chacun de leur côté, et la fin qui les réunit m'a ravi au plus haut point. C'est assez paradoxal mais cela correpond bien à leur relation faite de hauts et de bas durant
cette saison 4. On est sans doute arrivé au point de non retour concernant leur relation chaotique, même les deux acteurs en avaient marre de jouer les eternels amants maudits.
Et nous aussi la lassitude nous touche au plus haut point lors de leur énième rupture bidon car
Derek a embrassé une autre dans un moment d'égarement. Leur histoire a bien trop duré, et la série a besoin de changement. Au lieu de vraiment changer la série, on se contente de rendre ces deux
personnages attachants et interessants comme ils l'étaient au début de la série, et cela fonctionne parfaitement. L'intrigue de l'essai clinique est l'une des plus grandes réussites de l'année,
car l'on reussi à mélanger le côté médical qui devient très interessant et l'aspect plus romantique avec ce rapprochement entre les deux amants maudits qui n'est pas déplaisant un seul instant.
Même si on sait que cela les menera forcément à se remettre ensemble, ce n'est pas lourd une seule seconde et l'on se paye même le luxe de faire évoluer le personnage de Meredith, ce qui
n'était jamais vraiment arrivé depuis le début de la série. Pour le première fois, Ellen Pompeo livre de vraies belles prestations lors de ses scènes chez le psy qui en disent beaucoup sur son
handicap emotionnel. Personnellement, je n'ai jamais detesté Meredith même si le personnage a souvent été très enervant, mais approfondir ses blessures est une véritable bonne idée. Cela explique
beaucoup de choses sur son comportement et le personnage en ressort plus fort au final. On reparle d'Ellis et on explique beaucoup de choses sur les rapports conflictuelles entre les deux Grey.
Une vraie réussite, notamment avec un season finale de toute beauté qui réuni Derek et Meredith dans une scène digne d'un conte de fée moderne. C'est coloré, fleur bleue, mais ça fonctionne assez
bien pourtant. Maintenant, il ne reste plus qu'à espérer qu'on les laisse un peu tranquille, au moins pendant une saison histoire de se construire une vie à deux. Je pense honnêtement que c'est
vers cela que l'on se dirige pour la saison 5. Je les vois mal continuer à jouer au jeu du "je t'aime moi non plus". Il faut savoir s'arrêter à un moment ou un autre.
Parlant de la famille Grey, Lexi, la demie soeur de Meredith qui devient aussi interne au Seattle Grace intègre la distribution dans cette saison. Si l'on pouvait
craindre le pire avec cette arrivée sortie de nulle part, tout se passe assez bien, et la mignonne Lexi possède un capital sympathie important. Sa relation difficile avec Meredith est également
magnifiquement dépeinte. On retiendra d'ailleurs une dispute très intense entre les deux soeurs à propos de Tatcher qui sombre peu à peu dans l'alcool suite à la mort de Susan. Mais en dehors de
cela, le personnage n'existe pas vraiment. Elle est la soeur de Meredith, le souffre douleur de Yang, la bonne copine de George ou le plan cul occasionnel d'Alex, mais elle n'a pas d'identité
propre. Dommage car Chyler Leight est très mignonne, mais pour le moment, elle n'arrive pas tellement à trouver sa place dans ce gros casting. Le moyen pour vraiment l'intégrer sera sans doute de
la jeter dans une liaison amoureuse, sans doute avec George qu'elle embrasse furtivement dans le season finale.
En parlant de personnages un peu transparent, Mark Sloane remporte la palme haut la main. Il est pourtant là depuis presque trois ans, mais mis à part quelques
bonnes répliques de temps à autre, il est tout ce qu'il y a de plus insipide. Il ne serait pas là ce serait pareil finalement, je ne le trouve pas spécialement boulet, mais il m'est complétement
indifférent. Même si sa réconciliation avec Derek donne quelques bonnes scènes, ce n'est pas bien suffisant. Le départ d'Addison y est sans doute aussi pour quelque chose, puisqu'il partageait la
plupart de ses scènes avec Kate Walsh. D'ailleurs, la belle Addison revient le temps d'un épisode et c'est un profond plaisir de la revoir tellement elle illumine la série de sa seule présence.
Une actrice formidable qui devrait de nouveau revenir durant la saison 5.
Pour Cristina, c'est clairement la saison de transition après son mariage foireux avec Burke. Contrairement à Addison, il est très clair qu'on ne le reverra plus jamais dans la série. Mais on
conclu tout de même le personnage, en s'interessant à Yang qui après cette rupture difficile se jette corps et âme dans son travail, car au final elle ne vit que pour ça. Mais elle doit toujours
subir les remontrances de la nouvelle venue Erica Hann qui remplace Burke. Ce conflit entre les deux jeunes femmes est très interessant, même si il traine un peu trop en longueur, mais la fin de
l'intrigue est très belle pour ce qui concerne l'évolution de Cristina qui se retrouve coupée de ce qui lui tient le plus à coeur, la cardio. On découvre pour la première fois Yang déprimée,
détachée de tout et dans l'impossibilité de remonter à la surface. Comme à son habitude, Sandra Oh nous offre une prestation magnifique nous prouvant que la série peut aussi fonctionner sans
intrigues sentimentales. La preuve, Cristina n'a eut personne durant la saison et cela n'a pas rendu le personnage moins interessant pour autant. Le docteur Hann est également un bon personnage,
même si à cause de la grêve, elle n'a pas encore été très bien exploitée. Mais sa froideur et sa detemination à être toujours au top rend le personnage très interessant. On la découvre
lesbienne sur la fin de saison, et la mettre avec Callie est une idée sympathique et totalement imprévisible.
Sans être extraordinaire, cette petite intrigue se laisse suivre avec plaisir et le trio formé avec Mark fonctionne plutôt pas mal. Par contre concernant Callie, il
n'y a pas vraiment de traitement de fond concernant ce changement sexuel, ce serait une chose à approfondir à l'avenir.
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