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Avec une seule année d’existence et seulement 13 épisodes à son compteur, Damages a déjà fait beaucoup parler d’elle. Il faut dire que sur papier, la série
avait déjà un potentiel monstre suivi d’un casting vraiment exceptionnel. On ne s’y est pas trompé, puisque malgré des audiences pas forcément excellentes, la série a jouit d’une très forte
réputation et de critiques élogieuses. Si bien que les récompenses n’ont pas tardés à pleuvoir sur la série et le show s’est même vu les honneurs d’avoir deux saisons supplémentaires acquises, de
quoi rendre heureux tous les fans de conspiration et de suspens bien sentis, une récompense plus que mérité vu la qualité globale de la série.
Sur toutes les promos de la série, que ce soit aux Etats-Unis ou en France, on mettait en avant
Glenn Close, mais elle n’est pas seulement responsable de la qualité de la série. Chaque acteur a sa place et porte la série de par son talent, à commencer par la sublime Rose Byrne dont le
personnage monte en puissance jusqu’à un final de toute beauté. Ted Danson, Tate Donovan, Zemeko Zahiku ou Peter Facinelli sont eux aussi très talentueux et apportent beaucoup à cette
première saison.
Glenn Close réussit de façon parfaite sa reconversion à la télévision après avoir été plusieurs fois primée pour ses rôles au cinéma. Tout le monde connaît
cette excellente actrice souvent habituée aux rôles troubles, mais elle parvient encore à nous en mettre plein la vue en interprétant la machiavélique Patty Hewes, féroce avocate dont il est
quasiment impossible de deviner les intentions tellement la manipulation semble être son mot d’ordre. Pendant toute la saison, elle s’amuse à manipuler la jeune et innocente Ellen Parsons pour
gagner un procès contre le féroce Arthur Frobisher, accusé d’avoir utilisé des pots de vins et d’avoir ruiné ses salariés qui demandent férocement une compensation. Là encore, le public ne s’y
est pas trompé, puisque l’extraordinaire Glenn Close a reçu l’Emmy Award de la meilleure actrice récemment, un prix plus que mérité.
Mais on ne peut pas parler de Damages sans parler de sa construction innovante. A l’instar de Lost, Damages se construit sous la
forme de flash backs, mais pas n’importe lesquels, des flash forward, donc des bonds dans le futur.
L’excellent pilote donne la voie, car au début de la série, on découvre Ellen Parsons, jeune avocate promise à un brillant avenir qui est arrêtée couverte de
sang à déambuler dans les rues de New York, et dans le même temps, son petit ami David est retrouvé assassiné dans leur appartement. Ellen l’a t-elle tué ? Est-elle impliquée ? Ce
meurtre est-il mêlé à l’affaire Frobisher ? Ou est-ce Patty Hewes, celle qui deviendra sa patronne six mois auparavant ? L’intérêt de la
série réside dans ces flash qui interviennent fréquemment pour nous apporter des réponses sur ce grand mystère. Au fur et à mesure de la saison, la série s’amuse à nous emmêler en nous offrant
quelques pistes, parfois trompeuses d’ailleurs. La force de la série réside également dans une galerie de personnages tous complexes et troubles, chacun a quelque chose à cacher et peut basculer
du côté obscur d’un moment à un autre. L’exemple le plus frappant serait le personnage d’Ellen Parsons. Tout d’abord présenté comme une oie blanche, une jeune et naïve avocate qui est prise dans
la toile de Patty, le personnage révélera de nombreuses surprises au cours de la saison, son évolution est plus que frappante et au bout du compte, elle est loin d’être aussi innocente que ne le
laissait présager le pilote. Autre personnage trouble, celui de Ray Fiske, l’avocat de Frobisher qui est aussi impliqué directement dans cette affaire de fraude. Un personnage complexe et meurtri
au passé trouble qui est prêt à tout pour cacher certaines vérités.
Nous ne sommes pas au bout de nos surprises avec Arthur Frobisher, un homme au regard menaçant. Dès que Ted Danson apparaît à l’écran, c’est la
garantie d’une scène réussie. Finalement, il est un peu l’alter ego de Glenn Close, c’est pour cela que leurs confrontations sont tellement réussies. La série joue sans cesse avec nous en
montrant plusieurs faces d’Arhur, tantôt un homme qui veut se repentir de ses pêchés et aller de l’avant, mais d’un autre côté, il est prêt à tout, même à tuer de sang froid pour s’en sortir avec
les honneurs. Moins ambiguë, Tom Shayles est le confident de Patty, un homme de droit et de parole, qui quoi qu’il arrive reste dans le droit chemin, du moins pour le moment. Et la cerise sur le
gâteau, c’est Patty Hewes, un personnage d’un machiavélisme et d’une perversité rarement atteinte. Un personnage qui nous trouble et nous terrifie tout autant. Une femme glaciale, qui semble
prête à tout pour gagner le procès contre Frobisher, on ne sait jamais vraiment jusqu’où Patty est capable d’aller, et jusqu’à la sublime scène finale, la série joue avec nous pour savoir si
Patty est impliqué dans la tentative de meurtre sur Ellen.
Une intrigue taillée telle une partie d’échec, des personnage imprévisibles ajoutés à une réalisation plus qu'impeccable. Damages est donc une totale
réussite, tout comme le laissait envisager les premières promos.
Mais en plus de cela, c’est une vraie leçon de vie sur le domaine des affaires, et aussi sur le pouvoir. Jusqu’où peut-on aller pour gagner ou pour s’en sortir ? Il ne faut faire confiance à personne. C’est le leitmotiv du pilote, et il peut aussi être celui de la saison, car
c’est véritablement de cela dont il est question dans Damages. De confiance. Ellen fait confiance à Patty dans un premier temps, alors que tout le monde la met en garde avant de pénétrer dans ce
cabinet impitoyable. Et elle se rendra compte de son erreur dans une fin de saison qui prendra des airs de descente aux enfers vertigineuse. L’autre principale question que l’on se pose durant
ces 13 épisodes est qui a tué David Connor, le petit ami d’Ellen. Un mystère très bien entretenu, du fait que l’on se pose des questions durant toute la saison. Tous les suspects y passent, et
aucun ne semble véritablement innocent dans cette affaire. Lila est introduit, et grâce à des flash forwards conçu comme un puzzle, le public est baladé de questions en questions. Un vrai puzzle
à reconstituer, et surtout une vraie cohérence dans un récit plus qu’impeccable. L’autre bon point est que durant toute la saison, on s’attache aux personnages, et spécialement au couple formé
par David et Ellen, étant donné que l’on en connaît dès le départ l’issue tragique.
En terme de suspens, la série est déjà un exemple du genre, chaque épisode nous laisse sur un cliffangher insoutenable, si bien que le public ne peut pas s’empêcher de
s’impliquer totalement dans le show. Mais contrairement aux séries à la mode qui tourne vite en eau de boudin comme Prison Break ou Heroes, Damages reste une série
incroyablement dense, cohérente et impitoyable.
Le tout était de savoir si le dénouement allait finalement être à la hauteur de l’ambition du show. Si la fin de la saison serait un coup de génie
ou un coup dans l’eau. Une fois de plus, la série surprend et innove. Intelligemment, la série résout ses mystères les uns après les autres. Tout d’abord le meurtre de David, puis l’affaire
Frobisher dans l’ultime épisode. Dans le douzième épisode, le présent et le futur se recoupent, et on retrouve différentes scènes entrevues dans les flash qui sont là pour mieux nous éclairer.
Une vraie bonne construction qui s’installe même dans le registre du drame pur avec l’assassinat de David qui prend des allures de tragédie grecque. Encore plus fort, le season finale est un véritable coup de maître, qui résout non seulement les intrigues de la saison, mais renforce notre addiction à la série en préparant
une deuxième saison qui ne fait que s’annoncer encore plus passionnante. Il faut savoir que chaque saison de Damages s’articulera autour d’une affaire judiciaire pour le cabinet Hewes et
Associés.
Sans compter le duo de choc formé par Patty et Ellen
qui s’annonce tout simplement jubilatoire, à l’image de cette superbe scène finale où les deux actrices brillent par leur talent et leur charisme. Patty et Ellen sont finalement des égales, elles
sont devenues pareilles, et Ellen a perdu son âme en route dans cette vertigineuse descente aux enfers. Elle a fini par tout perdre, sa liberté, sa foi en la justice et l’homme qu’elle aime. Il
ne lui reste que la vengeance pour continuer à surmonter cette épreuve. L’évolution de ce personnage est frappante, mais également très intéressante. Patty n’est pas en reste, car on a tout à
fait réussi à en faire une diablesse imprévisible, sans pour autant tomber dans la caricature de la méchante. Un véritable succès.
La saison 2 de Damages arrivera en janvier 2009 sur la chaîne américaine câblée FX et elle est très attendue en ce qui me
concerne, c’est un joli euphémisme. Le casting ne cesse d’être impressionnant, avec l’ajout d’acteurs excellentissimes, tels Timothy Oliphant. La série a réussi à être un joli succès lors de son
passage sur canal +, et devrait arriver à la rentrée sur m6. Un rendez-vous à ne pas manquez pour tout l’or du monde, au risque de passer à côté d’une des grandes séries de ces dernières
années.
Bilan : Damages réussit le pari risqué de nous rendre accro dès les premières secondes de son pilote. Une série diabolique et
impitoyable sur le monde des affaires, une réflexion intelligente sur le pouvoir, des personnages complexes et ambiguë et une réalisation menée d’une main de maître. A présent, il faudra
assurément compter sur cette passionnante série judiciaire. La meilleure nouveauté de l’année, sans le moindre doute possible.
Bonus : La bande annonce de cette première saison.




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