Mardi 22 juillet 2008
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The Shield m'a été très chaudement recommandé. Mais en commencant ce pilote, je ne savais rien ou presque de cette série. C'est le meilleur moyen d'être
surpris, car souvent lorsque l'on attend beaucoup d'une série, on fini par être déçu. Ce qui frappe en premier dans cette série est que l'on se rend tout de suite compte que nous sommes sur une
chaine du cable, et donc que tout est permis. La série est diffusé sur la chaine américaine FX (qui diffuse Nip/Tuck, Damages ou encore la misérable Dirt)
depuis bientôt sept ans. Mais The Shield, qu'est-ce que c'est exactement ? Une série policière à première vu. Soyons clair, j'ai toujours detesté les cops show comme les Experts et compagnie,
mais The Shield se détache tout de suite de ce style, et ce dès la scène d'introduction qui nous met tout de suite dans l'ambiance de la série. Une ambiance glauque, violente et sans
répis. D'habitude, les séries policière nous montrent des policiers tous bien droit qui résolvent des crimes, mais dans The Shield, si l'on suit le même système, la différence est que
les flics sont des personnes complexes et la frontière de l'illégalité n'est pas très loin. La première scène va déja très loin avec l'unité "Team Strike" qui passe un tabac à un dealer afin de
l'arrêter. Car cette unité a pour mission de débarasser les truants dans la quartier de Los Angeles, cela ammenera plus de sécurité, c'est certain. Mais les flics ne sont-ils pas aussi dangereux
que ceux qu'ils arrêtent ? C'est une bonne question. Le héros de la série est Vic McKey, il a peu de scrupules et il est d'ailleurs réputé pour être violent et cela pourrait très vite lui
barrer la route dans son travail. Il est interprété par un Michael Chiklis excellent et très charismatique. Dès le départ, il porte la série sur les épaules. Même s'il n'est pas tout de suite
spécialement attachant, car on le condamne pour ses actes, et on comprend qu'il peut aller très loin, tant que cela lui profite. Ce premier épisode, en temps que bon pilote présente les nouveaux
personnages. On a pour l'instant un peu de mal à vraiment les connaitre dans ce premier jet, il faudra sans doute attendre quelques épisodes pour epaissir leurs personnalités. Mais dans
l'ensemble, tous les personnages semblent très interessants, psychologiquement parlant. Un comme dans Oz, on sent que la série a le potentiel pour devenir très forte au niveau
psychologie, et comme son ainée, elle peut aller vraiment très loin.
Lorsque débute la série, les tensions est déja à son comble, il n'y a qu'à voir les différentes scènes entre Vic et Aceveda, le nouveau capitaine de police de ce district de Los Angeles. Il y a
un lourd passif entre lui et Vic, et il semble bien determiné à le faire couler. Il sait qu'il a recours à la violence pour prendre les dealeurs ou autres meurtriers. D'ailleurs, de plus en plus
de prisonniers se sont plaints du comportement ultra violent de Vic, mais rien ne l'a jamais incriminé pour autant. Vic ne s'écrase pas devant son patron pour autant, au contraire, il le prend
même de haut, comme s'il ne craignait rien ni personne. Pour se débarasser une bonne fois pour toute de Vic, Aceveda prend des décisions radicales en demandant au jeune Terry de l'aider à le
coincer. En contrepartie, il pourra rejoindre l'unité une bonne fois pour toute. Apatter le client, ça marche toujours. Mais Terry est tout de même un peu réticent au départ, car il va briser un
homme qui est tout de même un bon père de famille et aimant. C'est vrai qu'il serait presque sympathique en le voyant avec sa petite famille, ou en aidant un pauvre prostituée au bout du rouleau.
Mais Terry accepte tout de même de s'infiltrer dans le quotidien professionnel de Vic pour mieux le piéger. Et à mon avis, il aurait mieux fait de s'abstenir. Car en faisant un descente chez un
dealeur, l'équipe tue le dealeur, et Vic en profite aussi pour abattre Terry dans le cliffangher. Savait-il qu'il allait le faire plonger ? En avait-il le pressentiment ? Ou alors est-ce encore
plus que ça ? On est tout de suite pris dans l'intrigue, c'est le moins que l'on puisse dire. Et ce sera sans doute le fil rouge de la saison 1. Jusqu'où Vic est-il capable d'aller pour se sauver
? Expliquer la mort de Terry ne sera pas non quelque chose de facile, même si on pourrait facilement faire porter le chapeau au dealer, qui étant mort ne peut pas vraiment se défendre.
Pourtant, le meilleur de l'épisode ne se trouve pas vraiment là, mais dans une intrigue indépendante. Etant donné que l'on se trouve dans une série policière, il faudra s'attendre à avoir des
affaires policières à résoudre. Et se trouvant dans une série très noire et sombre, c'est une belle occasion pour évoquer des sujets qu'on ne pourrait pas exploiter dans tous les cops show. La
série va déja très loin dans ce premier épisode en parlant de meurtre, de pédophilie et de disparition d'enfants. Ce sera la première enquête de la série, et vu le niveau de celle-ci, on peut se
douter que le reste sera d'un très haut niveau. Cela commence basiquement par la découverte du corps d'une femme assassiné. Dutch et Claudette Wyms sont chargés d'enquêter. Les deux personnages
sont tout de suite très interessants, Claudette Wyms a du métier, et c'est sans doute la plus expérimentée de tous, elle sait ce qu'elle fait et sait comment s'y prendre dans ce genre d'enquête.
Quand à Dutch, c'est sans doute le personnage le plus attachant pour le moment, car c'est le plus humain de tous. Ils sont totalement en dehors de la Team de Vic, et cela se ressent. Car ils sont
beaucoup plus professionnels, Dutch se spécialise d'ailleurs dans les interrogatoires pour faire céder les suspects, là aussi il sait ce qu'il fait, même si vu son manque d'expérience, il ne
réussi pas à tous les coups. C'est donc le cas pour cette enquête. Et par dessus le marché, il a du mal à s'intégrer avec ses collègues, y compris avec toute l'équipe de Vic qui prend un malin
plaisir à le rabaisser et à lui rappeler constamment qu'il n'est pas grand chose. Ainsi, au moment où il est sur le point d'avoir un rendez-vous galant avec la charmante Danny, il lui casse son
coup. Et on apprend même qu'ils ont couchés ensemble par le passé. Toujours est-il que Danny semble très (trop) méfiante envers tout le monde, au point qu'elle prend un revolver dans son sac dès
qu'elle sort avec un homme. En un mot, il ne vaut mieux pas l'enerver la petite. Concernant la rivalité entre Vic et Dutch, elle part de petites choses insignifiantes, mais qui touche cependant
ce dernier. Comme le vol du gateau, ou encore la crotte de chien sur son bureau pour lui annoncer qu'on le surveille.
La partie policière prend donc une grande place dans ce pilote, et si je n'ai jamais été très friand de ce genre là, il faut bien reconnaitre que l'intrigue est particulièrement bien mené. Dutch
et Wyms repère tout de suite un suspect au meurtre, le mari de la femme abattu. Seulement, il faut lui faire avouer ce crime, et en plus de cela, leur petite fille a disparue. Ce qui est sur,
c'est que la série n'y va pas de main morte avec des scènes très glauques, très sombres mais psychologiquement très fortes et rusées. Le type ne tarde pas à avouer qu'il a tué sa fille pour
acheter du crack. On repère donc cette fois le type qui a acheté la fille, c'est un pauvre looser qui doit s'occuper de sa pauvre mère à moitié cinglée. Mais attention, il a un petit faible pour
les petites filles, mais à partir de 12 ans pas avant. Pour celle-ci qui a 8 ans, il l'a refilé à un autre gars spécialisé dans le viol de jeune gamine. La série va donc d'emblée très très loin
dans le glauque en exploitant un thème tabou comme la pédophilie de façon réaliste et poignante. Les scènes d'interrogatoires sont par exemple très oppréssantes et la tension est à son comble.
Tout d'abord celle de Dutch arrive à tirer les vers du nez des différents suspects, mais la scène la plus choquante est sans doute l'interrogatoire très musclé qui s'ensuit dirigé par Vic. Le
plus ironique est le fait que cela soit une idée d'Acevedo, est-ce une tactique pour le pousser à bout ? C'est fort possible. Mais quoi qu'il en soit, Wyms n'est pas du tout pour cette idée. Si
elle connait ce dont est capable Vic, elle ne veut pas non plus s'opposer à lui. Elle a raison, car Vic va jusqu'à tabasser son suspect pour lui faire cracher le morceau. La scène est d'ailleurs
teinté d'un humoir noir avec Acevedo qui préfère couper la caméra de surveillance quand cela commence à devenir trop violent. Si Vic peut se montrer très violent, on irait presque jusqu'à le
comprendre lorsqu'il tabasse ce taré pédophile. La comparaison avec Dexter est possible, car comme avec le serial killer de la série de Showtime, au fond Vic pratique son métier
de flic en arrêtant des assassins, mais les moyens qu'il utilise sont tout sauf légaux. Par exemple, si Vic reste sarcastique tout en tapant sa victime, Dutch perd vite son sang froid face au
violeur, et au cours de son entretien, il craque nerveusement. On voit là qu'il a encore beaucoup de choses à apprendre, et qu'il est sans doute encore trop sensible pour être affecté à ce genre
d'affaires. Si Vic prend tellement à faire cette affaire, c'est parce qu'il est père, et forcément cela le touche personnellement. On fini par retrouver la pauvre fillette, apeuré et nue dans un
entrepot.
Bilan : Un pilote opressant, prenant et intelligent. The Shield en met tout de suite plein la vue, tel un coup de poing en plein visage, on est pris dans cette ambiance de
violence urbaine, de flics corrompus et de manipulations. La série peut aussi se vanter de se détacher du style des séries policières habituelles en se montrant beaucoup plus dures et glauques
que les autres. En bref, une série très prometteuse.
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