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Après deux premières saisons chocs et brillantes sur absolument tous les points, l'exercice était risqué pour maintenir la série à flots, surtout que passé le cap
de la saison 3 est souvent une difficulté auquel ne survive pas certaines séries, c'est ce qu'on appelle la saison de tous les dangers. Mais la série ne se laisse pas abattre, exploite de fond en
comble la noirceur humaine comme à son habitude et comme toujours nous bouleverse un peu plus avec un univers noir, opressant mais malgré tout aussi humain et émouvant. Pourtant, pour la première
fois du show, on sent quelques faiblesses. Certes, celle-ci ne sont que mineurs, on ne l'en tiendra pas rigueur, mais tout de même à certains moments, la série hésite et ne sait pas vraiment vers
quoi se diriger. Pour les déceptions, on peut par exemple cité l'intrigue des matchs de boxe, pourtant très prometteuse au départ. Au début de cette troisième saison, l'ordre doit être rétabli et
McManus a vite l'idée de mettre en place un championnat de boxe pour occuper les prisonniers, mais aussi pour canalyser leurs crises de violences.
Dès le départ, tout parait clair, cette nouvelle idée n'était pas la plus brillante de Tim
et l'on sait que tout finira mal. Cette intrigue, qui sert quasiment de fil rouge à cette saison n'est pas mauvaise en soi, loin de là même, mais elle est sans réelle surprise, et s'avère donc
assez répétitive. Pendant plusieurs épisodes, on assiste au même shéma, c'est à dire à voir Ryan toujours s'arranger pour que son frère gagne les matchs. Rien de très étonnant, puisqu'après avoir
considérablement humanisé le personnage du fantastique et charismatique Dean Winters, on rappelle qu'au fond, c'est un homme particulièrement manipulateur qui se sert de tout et de tous pour
avoir ce qu'il veut. La relation entre les frères O'Reily continue de se construire au fur et à mesure, une relation touchante et vraie car seul Cyril arrive à faire ressortir le bon côté de
Ryan, qui apparait toujours quand son petit frère est en danger. On met aussi de côté son amour obsessionnel pour Gloria qui elle, continue d'essayer de vivre sans son mari qui lui a été enlevé
de force. Pour autant, on ne tire pas non plus un trait sur leur relation, chaque scène qu'ils partagent est pleine de tension, il n'osent s'affronter, mais la puissance de leurs regards en dit
longs. Finalement, Oz n'oublie jamais ses anciennes intrigues, et cela ne m'étonnerai pas que celle-ci continue la saison prochaine. L'intrigue des matchs de boxe, même si elle a été un
peu décevante, trouve malgré tout une conclusion magistrale, intense et profondément bouleversante pour Cyril O'Reily qui à cause de son frère dépasse une nouvelle fois toutes les limites de tout
ce qui est permis et il y a fort à parier que cela le hantera pour le restant de ses jours, comme tous les crimes qu'il a déja pu commettre.
Autre petite déception de la saison, cela concerne Hill dont les interventions en début et fin d'épisodes sont plus que dispensables. Dans le temps, celles-ci étaient cyniques, ironiques et
réalistes, alors que là malgré de rares fois, elles se révèlent très vides et sans grand intérêt. Comme le personnage qui est malgré tout assez absent cette saison, mis à part dans les derniers
épisodes. C'est peu il faut le dire, mais voici les seuls défauts de cette troisième saison, car mis à part ces petits couacs, Oz va là où on ne l'attend pas et prouve si quelques
personnes pouvait encore en douter qu'elle est l'une des plus grandes séries de ces dix dernières années, et je pèse mes mots très fort en disant cela. En quête du meilleur, nous retrouvons sans
grande surprise Miguel Alvarez, un personnage puissant et à la fois très sensible. Personne ne risque d'oublier cette scène apocalyptique et choc où il était emporté en isolement pour le restant
de ses jours à la fin de la saison 2, ses pleurs résonnent encore dans cette scène o'combien bouleversante. On retrouve le personnage perdu et abandonné à son sort au départ de cette saison, il
vit dans une toute petite cage dans les pires conditions humaines qui soit, son salut il le devra à soeur Peter Marie qui aura une très bonne idée pour faire évoluer la vie à Oz. C'est à
dire organiser des réunions victimes-agresseur, donc en confrontant les victimes et les assassins pour mettre les choses au clair, faire pénitence et pourquoi pas pardonner. Cela tombe bien,
puisque Miguel ne se remet pas de ce qu'il a été contraint de faire et participe à des réunions face à Riverra, gardien qu'il a rendu aveugle en fin de saison 2.
Une épreuve finalement très difficile pour les deux parties et chaque scène les concernant est
d'une intensité impressionnante. On exploite toujours de fond en comble le personnage d'Alvarez, l'un des plus attachants et réalistes de la série. Il est finalement toujours sur la brêche,
toujours coincé entre le bien et le mal. Il joue de malchance, et c'est sans doute pour cela qu'il nous touche. A la fin de la saison, il retourne en isolement, manipuler et piéger par des
rivaux, il revient à la case départ comme si sa rédemption était impossible, que l'être humain ne pouvait jamais changer, et dans ce cas le système de Tim McManus serait purement et simplement un
echec. Car finalement, dans cette troisième saison, il est surtout question de rédemption, de se racheter, et ce, pour quasiment tous les personnages.
Cela est particulièrement présent dans la relation ambigue, passionnante et destructrice liant Keller et Beecher. Les limites ayant été franchi à la fin de la saison 2, Beecher voyait ses
dernières illusions s'envoler quand l'homme qu'il aime le poignarde dans le dos en faisant des affaires avec son pire ennemi, Shillinger. Pour Keller, il est surtout question de se racheter, de
payer sa dette et de prouver qu'il peut être finalement digne de la confiance de Tobias. C'est d'ailleurs un Beecher brisé au propre comme au figuré que nous retrouvons à l'ouverture de la
saison, il a tout perdu, et tout ce qu'il lui reste aujourd'hui, c'est la vengeance. Tout du moins dans un premier temps. Il commettra une nouvelle fois des actes abominables, tandis que d'autres
seront plus justifiés. On pense par exemple à la mort très violente du gardien nazi qui a aidé Shillinger et Keller dans l'attaque portée contre Beecher. Plus grave encore, il prendra sous son
aile le fils de son pire ennemi, Andrew Shillinger mais pour mieux le détruire ensuite. Une intrigue menée d'une main de maitre, qui trouve une conclusion o'combien tragique quand Andrew se fait
piéger par son père, préférant le tuer que de voir Beecher le faire à sa place. Une conclusion d'une beaute sauvage rage, comme seul Oz arrive à le faire. Pour Beecher, cette saison est
un vrai chemin de croix, on verra ses plus mauvais côtés mais aussi ses meilleurs. Après avoir touché le fond, il remontera peu à peu à la surface avec la grande aide de Kareem l'aidant à travers
la religion musulmane qu'il intégrera.
Cette nouvelle spiritualité le
fera changer au plus profond, au point qu'il finira dans un dernier épisode aux accents de tragédie grecque par pardonner à Keller, après que celui-ci lui est sauvé la vie. Une saison pour
pardonner, mais cela n'aura pas été inutile, loin de là. On amorce donc un nouveau cycle pour les deux personnages qui n'auront jamais cessé de nous surprendre dans le bon sens du terme.
Difficile de concevoir que Chris Meloni n'est entré en scène qu'en saison 2, car il est devenu vraiment indispensable au show, à un niveau que je n'aurai jamais imaginé. L'interprétation de
l'acteur est bluffante, magistrale et fascinante, mais le personnage en lui-même l'est tout autant. Chris est un personnage tellement ambigue qu'il n'est pas rare de se demander à quoi il joue.
Telle les petites scènes qu'il partage avec soeur Peter Marie, des scènes où il la teste dans le seul but d'atteindre ce qu'il veut, c'est à dire Beecher. Au final, il se fera pardonner, mais
rien n'est moins sur pour le futur.
Kareem Said continue à lutter pour ce qu'il pense être juste, même si la tâche est parfois plus compliqué qu'il ne le pense. Surtout quand il s'amourache d'une femme blanche, en l'occurrence la
soeur d'un meurtrier mort à Oz lors de l'émeute de la saison 1. Pour la première fois du show, le statut de leader du personnage tombe peu à peu en lambeau, il perd ses racines et tous
ses frères ne tardent pas à se retourner contre lui. On évoque donc avec lui aussi la rédemption, avec par exemple une scène très émouvante et vraie où il évoque pour la première fois ce qui
pourrait être sa vie après Oz, c'est à dire une vie de tous les jours, sans coups bas ni violence, une vie de famille normale avec femme et enfants. Durant toute la première partie
de la saison, on constate que Adebisi, l'un des plus dangereux prisonniers s'est assagi, comme Alvarez, il a été éloigné après le drame de la saison 2 et la mort de Jara, et se retrouve en
quartier psychiatrique. Quand il revient à Oz, il apparait calme, plus appaisé. Mais en apparence seulement, car au fond, il reste le même, à la seule différence qu'il est avide de
vengeance envers ceux qui l'ont trahis. Wangler en tête. Et cette fois, Simon n'est plus sous l'effet de drogues en continu, il a compris qu'il devait garder la tête froide dans cet endroit
où tous les coups sont permis. L'une des plus grandes scènes de la saison est son retour en grace quand Kenny le retrouve dans sa cellule, comme au bon vieux temps.
Le "Welcome back Kenny" sonne comme un adieu, comme un promesse de mort, qu'il est bien décidé à
lui faire payer pour tout ce qu'il a fait, et ce dans les règles de l'art. Si Adebisi c'est assagi pendant une petite partie de la saison, il revient en force dans des derniers épisode sidérants
d'obscurité. La guerre est sur le point d'être déclaré entre les blancs et les noirs au sein de la prison, une lutte racial sans précédents qui risque d'être explosive à l'aube de la quatrième
saison. Le plan final voyant Adebisi s'emparer d'un revolver donne le ton sur ce que sera la prochaine saison. Le personnage de Wangler gagne aussi ses lettres de noblesses en faisant assassiner
sa femme qui a eut la mauvaise idée de le tromper. Une scène magestueuse et glaciale dans laquelle McManus annonce le décès à Kenny qui passe des fausses larmes à un rire ignoble, du grand
art.
Au tout début de cette saison, la série installe une nouvelle gardienne, rare femme à travailler à Oz, puisque le personnage sympathique et touchant de Diane disparait peu à peu. Mais
soyons honnête, Claire n'a rien à voir avec Diane, leur seul point commun est d'avoir un faible pour Tim. Ce dernier, à défaut d'autre chose, vivra quelques temps une relation purement sexuel
avec Claire, jusqu'au moment où il se lassera, et la demoiselle très possessive n'appréciera pas vraiment cela. Un personnage très antipathique, mais qui n'en est pas moins interessant, et qui
peut même se révêler carrément ignoble au fur et à mesure de la saison. Cette année, on accorde plus de place à la vie des gardiens, et c'est une bien riche idée. Clayton est le fils d'un ancien
ami de Glynn, lui même gardien et tué à Oz il y a des années. En acceptant ce nouveau poste, Clayton pense prendre la bonne décision tout en espérant découvrir qui a tué son père. Tout
au long de la saison, on montre une longue et douleureuse descente aux enfers pour ce personnage faible qui ne supportera pas la pression et les excès continus de violence.
On le sent craquer un peu plus à chaque instant, et l'intrigue est l'une des plus réussis
de la saison. Surtout qu'au final, tout est lié, et Clayton se venge du directeur en signant un pacte avec le diable alias Adebisi. Shirley continue d'être explorer et sa mise à mort n'a
finalement jamais lieu. Puisque ironie du sort, elle découvre qu'elle est enceinte, et Soeur Peter Marie découvre par la même occasion qu'elle souffre d'une maladie mentale qui l'aurait poussé à
assassiner sa propre fille. La scène où elle avoue les circonstantes de ce meutre est particulièrement froide et intense. Au final, on ne se débarasse pas encore de ce personnage limite
fascinant, et je dirai tant mieux, car il apporte beaucoup à la série actuellement.
Au bout du compte, la série a l'intelligence d'y aller de retenue dans le dernier épisode de la saison. Là où elle explosait littéralement généralement, à l'image des deux premiers seasons
finales apocalyptiques, Oz y va plus dans la retenue cette année. On ne suggère bien plus que l'on ne montre. Encore plus fort, la saison s'interrompt à un moment capital, là où Adebisi
est sur le point de déclarer la guerre aux blancs en lancant les premiers coups de feu. La dernière scène, réconciliation de Keller et Beecher dans un noir intense porté par le minuteur de la
nouvelle année est tout aussi froide et bien placé. Et au final, la série aura eut quelques faiblesse cette saison, mais tellement peu. On préfère se souvenir des sentiments éprouvés, de ce sens
du tragique, du pessimisme et de ce sentiment furieux et desespéré que la rédemption est impossible pour l'être humain. Car que les plus depressifs d'entre nous ne commencent pas la série
dans une période de déprime, car on ne voit jamais le bout du tunnel, vous êtes prévenus. On vit continuellement dans cet univers noir, obscur et sans possibilité de paix et d'espoir. Une très
grande série.
Bilan : Une excellente saison où la violence et la tension montent d'un cran supplémentaire. Une fois de plus, le scénario est maitrisé de bout en bout, un casting extraordinaire, des
personnages profonds et torturés et une écriture encore plus furieuse et desespéré dénoncant à chaque fois un peu plus les failles de ce système. Oz prouve qu'elle est une série
extraordinaire qui a subi si peu de coups de mou. Certes, il y aura eut quelques faiblesses cette année, mais la série est tellement un must par rapport à la plupart des autres série qu'on lui
pardonne. Seulement, la saison 4 sera décisive pour le show. En effet celle-ci sera celle de tous les dangers, en comportant seize épisodes, c'est à dire bien plus qu'à l'accoutumée. Une grosse
prise risque qui peut enfoncer la série totalement ou au contraire développer de grosses intrigues et prouver encore et toujours que la série est l'une des meilleures du genre.
Bonus : La promo de la saison 4 aggrémenté d'interviews des acteurs du show.

L'ultra-violence et le réalisme de la série était déja à l'honneur dans le saison 1, et c'est encore le cas cette saison, et ce n'est rien de le dire. La puissance et la tension de la
série monte encore d'un cran à plusieurs reprises et se concluera dans un final magestueux laissant les héros de la série dans le chaos le plus total. Dans cette deuxième fournée d'épisode, Tom
Fontana développe les personnages pour que le public s'attache un peu plus à eux, et qu'ils les voient sous un autre jour, un côté plus touchant. Même la pire ordure arrivera à nous émouvoir, et ce
n'était pas gagné d'avance. Oz n'est pas une série destiné à nous montrer de la violence pendant 50 minutes, c'est encore moins une série d'action genre Prison Break. C'est un véritable drame, très
bien construit et remarquablement intelligent.
Cette
saison prend la direction d'une lente montée en puissance dans laquelle les personnages ne ressortiront pas indemne. Ces mêmes personnages que l'on connait à présent, et qui sont très bien
développer dans ce deuxième opus. On pense notamment à Beecher, O'Reily, Alvarez ou Shellinger qui connaissent une évolution formidable au cours de la saison et qui trouveront tous une conclusion
aussi dramatique que violente dans les derniers épisodes.
C'est gagné, le personnage devient en effet plus attachant, moins manipulateur, même si il garde son punch qui fait la qualité de ce personnage presque fascinant. La première partie est
consacré à son cancer, sa peur de mourir seul, sans rien ni personne, mais également de son rapprochement avec le docteur Nathan. Une histoire d'amour tragique qui finira mal, c'était écrit
d'avance. Une relation quasi malsaine, qui se concluera par la mort du mari de la jolie doctoresse. La nature rattrappe Ryan qui aveuglé par ses sentiments eliminera son rival croyant que cela le
rapprochera de sa bien aimée. Quitte à ce que cela détruise la vie de Cyril, son jeune frère handicapé qui finira par le rejoindre à Oz en fin de saison. La relation des deux frères renforce ce
côté humain de la série. Une relation simple, et très belle renforcé par l'innocence et la naiveté du personnage de Cyril.
Said tente de prouver que l'espoir est
encore possible ainsi que la rédemption. Il tentera d'aider le poête à sortir de prison, mais c'est peine perdu, celui-ci commettra de nouveau un meurtre le rammenant inévitablement au point de
départ. La réhabilitation est t-elle donc impossible ? C'est bien le constat extrêment noir qu'énonce la série. Pourtant la saison 2 fini avec un légère note d'espoir quand Said refuse la liberté
offerte par le gouverneur. Préférant se battre pour ses valeurs et ainsi combattre ce système plus que défaillant.


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