NIP / TUCK - BILAN DE LA SAISON 2
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La 1ère saison de Nip / Tuck avait déja repoussé les limites du politiquement correct avec brio, mais cette deuxième saison va encore plus loin, et cela dans tous les sens du terme. Le bouchon est alors poussé bien plus loin, sans que la série ne franchisse jamais la limite du trash sans aucun fond derrière, car ce qui fait de Nip / Tuck une série d'exception c'est le fond intelligent de la série. C'était déja le cas de la saison 1, mais c'est encore plus le cas ici. Derrière les opérations gores, et les scènes de sexe torrides, il y a un vrai fond, celui d'une société en pleine défaillance, de personnages torturés et très attachants, sans compter des seconds rôles en tout point parfaits.
La saison 2 peut se voir en deux blocs, la première est tout à fait dans la continuité de la première puisque on appronfondit deux très bonnes intrigues de la première année. Tout d'abord avec l'arrivée de Wilber dans la vie de Christian. L'arrivée du bébé dans la vie du play boy du show n'est pas sans conséquences et fait grandement évolué le personnage qui prend conscience des reponsabilités qu'il a à présent, Christian prend de la profondeur et devient bien plus touchant. Comme par sa relation avec son fils, très touchante et simple, surtout touchante par le fait que Christian n'est le père biologique de Wilber, qu'il finira par perdre la garde dans une série d'épisodes en tout point remarquables. Il en est de même pour Gina qui était déja un excellent personnage en saison 1, mais qui gagne énormément en epaisseur, notamment sur la fin de la saison. Si Christian prend ses responsabilités bien à coeur, Gina continue de s'envoyer en l'air avec qui bon lui semble, comme pour oublier le vide sidéral de sa vie, et surtout pour compenser son vide affectif étant donné que Christian n'est pas décidé à construire quelque chose avec elle. Peu à peu, Gina s'enfonce et fini par tout perdre, comme la majorité des personnages serait-on tenté de dire, elle fini par perdre la garde de son fils et apprend qu'elle est séropositive, une intrigue menée d'une main de maitre dans un des meilleurs épisodes de la saison.
Ce que l'on remarque dans cette saison, est finalement le fait que la série semble très maitrisé, là où les scènes de sexe et d'opération n'était pas forcément utiles à l'intigue en saison 1, là elles le sont.
Ainsi, la season finale de la 1ère saison laissait augurer beaucoup de changements avec le secret du véritable père biologique de Matt, secret que Julia tente inlassablement de cacher, jusqu'à un point de non-retour. Christian est le véritable père de Matt, et c'est au cours d'une scène magistralement intense et violente que Sean apprend ce terrible secret qui remettra en cause toute la saison (et la série) qui s'enfonce dans une noirceur assez impressionnante et captivante.
Difficile également de ne pas parler des personnages secondaires, tellement ceux-ci sont extraordinaires. Chacun subit une évolution, et la série rammène toujours d'anciens personnages, cela permet de soigner la cohérence, surtout que ces personnages là sont particulièrement forts. Tout d'abord, avec Bobolit qui effectue une lente descente aux enfers à force de vouloir atteindre la gloire, Gina montrera toute son humanité quand elle apprend qu'elle est atteinte du virus du Sida.
Et c'est aussi la grande force de la série, malgré leurs erreurs et leurs trahisons, les personnages restent avant tout humains. Impossibles d'en detester un vraiment, si Ava change de sexe et fait tout cela, c'est parce qu'elle est mal dans sa peau et qu'elle se trouve dans l'incapacité d'être heureuse, et il en est de même pour chaque personnage de la série. Avec Ava, on explore le monde des transexuels, leurs difficultés à non seulement changer de sexe, mais aussi à se faire accepter par le monde. Tout est très bien représenté dans le season finale. Avec Adrian, on trouve également un adolescent mal dans sa peau qui à force de manipulation, d'amour baffoué et autres tromperies craquera petit à petit, jusqu'à son suicide tragique dans l'une des plus émouvantes scènes de la série. Bref, Ryan Murphy n'en rate pas une, et nous boulverse toujours un peu plus au cours de ses 16 épisodes plus brillants les uns que les autres.
La série va même jusqu'à lancer une intrigue qui prend très vite des airs de thriller, celui d'un psychopathe qui derrière le nom du découpeur, viole et mutile ses victimes tout en délivrant un message au deux chirurgiens esthétiques : "la beauté est la malédiction de ce monde". La série se livre là à une vraie critique de ce milieu esthétique, tout en ajoutant de la tension vu que ce meurtrier masqué s'en prend aux héros, et notamment à Christian qu'il agresse violemment dans le cliffangher de la saison 2. La saison suivante sera celle du découpeur, une intrigue qui deviendra le fil rouge et qui devra tenir ses promesses.
Bilan : magistralement interprété, la série peut se vanter d'avoir de nombreux atouts et d'être l'une des valeurs sures de la télévision américaine. Cette deuxième saison prouve que la série est capable de grandes choses, autant dans l'évolution de ses personnages que dans les sujets épineux qu'elle aborde.
Bonus : un résumé de la saison 2.
La bande annonce de la saison 3.
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