SIX FEET UNDER - SAISON 2 - EPISODE 10 - LE SECRET
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Je ne vois pas trop ce que je pourrais dire de négatif par rapport à cet épisode, car il est tout simplement formidable de bout en bout. Tous les personnages sont bien utillisés, nous avons de vraies bonnes évolutions, et les pistes continuent d'être creuser nous préparant à la fin de la saison qui s'annonce très forte en émotions vu tout ce qui se prépare ici. Il n'y a finalement que la mort du jour qui soit une fois de plus mise sur le côté, par rapport à la saison 1. Finalement, on se concentre beaucoup sur les personnages, ce qui n'est pas plus mal, même si je regrette un peu le temps où chaque deuil était traité avec réalisme et intensité. Bien sur, c'est toujours très bien fait et réaliste, mais on y passe beaucoup moins de temps, donc forcément on s'y implique moins. C'est une constante depuis quelques épisodes, et c'est la seule chose à revoir d'ici la fin de la saison. Car dès qu'on s'approche des storylines des personnages principaux, alors c'est tout bonnement parfait. Tout est parfaitement dosé, surprenant et émotionnellement parfait. L'exemple le plus parfait serait David et Keith, car on va plus loin à présent en approfondissant de façon surprenante mais terriblement logique les accès de colère de Keith.
Depuis qu'ils se sont remis ensemble avec David, Keith est de plus en plus inspportable, bien sur c'est une constante du personnage, mais il y a vraiment quelque chose en plus. Il semble qu'il veuille tout contrôler, non seulement sa vie professionnelle, Taylor mais aussi et surtout dans sa relation avec David. Il se montre de plus en plus violent et agressif, d'ailleurs David a carrément peur de lui, ce qui est une évolution assez normale dans leur couple, surtout quand on connait les antécédents familiaux de Keith. La scène au lit est d'ailleurs formidable, lorsque David se rend compte des problèmes qu'ils ont et du comportement auto-destructeur de Keith. Finalement, cela l'arrangeait bien de mettre leur première rupture sur le dos de David qui avait du mal à assumer son homosexualité, cela l'empechait de voir les parts d'ombre qu'il tente de cacher. On en rajoute encore une couche dans le drame avec Carla qui renverse un clochard et qui s'enfuit par accident, ce qui est donc un délit de fuite. La scène où Taylor avoue tout à David, en pretextant une blague est excellente, car cela nous rappelle que les enfants n'ont pas vraiment conscience de la réalité de la vie, et pour le coup David va en prendre pour son grade de façon assez incroyable. Carla fini en prison, notamment à cause de Keith qui la dévoile aux autorités, mais Taylor a par contre l'air de beaucoup en vouloir à David pour cette trahison, ce qui pourrait être très interessant pour la suite de la saison.
Pour ne pas changer une formule qui gagne, Brenda récolte les meilleures scènes de l'épisode, Rachel Griffiths est plus en forme que jamais et son auto-destruction progressive est toujours aussi bien construite. Après avoir touché le fond, elle semble prête à vouloir regagner la surface, et sur les très bons conseils de Melissa, elle va consulter un psy, et pourtant on sait combien elle deteste ce genre de personnes. La scène chez les psy est d'ailleurs fantastique et nous rappelle toute la complexité de ce personnage tellement ambigue, mais en même temps fascinant. Si Brenda a conscience de ce qu'elle fait, elle ne veut pas pour autant arrêter de coucher avec n'importe qui, mais plutôt continuer de coucher avec des inconnus sans éprouver une once de culpabilité envers Nate. La série n'a pas peur de montrer ses personnages sous un jour obscur et humain, et c'est une chose qui m'impressionne toujours autant dans cette série. Cette mini thérapie n'a pas servie à grand chose puisqu'elle se retrouve à faire un partouze avec un couple d'inconnus. De plus en plus, on pousse le personnage sur une voie de non-retour, à l'instar de cette scène très particulière où elle avoue sans aucun signe avant coureur à Ruth qu'elle baise tous les types qui passent. Une fois de plus, je me suis complétement avoir, car ce n'était qu'un rêve de la part de Brenda, j'adore ces petits fantasmes qui ne manquent pas d'un humour décalée, c'est l'une des marques de fabrique de la série. Et dans le même temps, on sépare en quelque sorte Brenda de Melissa, et de façon très logique car cela bouscule encore plus Brenda qui se raconte de toute façon des histoires en pensant qu'elle agit le plus normalement du monde. Elle veut se faire croire qu'être amie avec une prostituée l'a mené à cette situation, mais son comportement avait déja changé avant l'apparition de Melissa. En tout cas, cette scène est excellente, et Melissa a raison sur toute la ligne, Brenda chute peu à peu, et je me demande comment se terminera la saison pour elle, mais aussi pour son couple avec Nate.
Du côté de Nate, c'est également formidable, et là aussi je me demande comment se terminera la saison pour lui car tout lui tombe dessus en même temps. Depuis quelques épisodes, on ne parle plus trop de sa maladie, mais en même temps, ce type de maladie peut frapper à n'importe quel moment, donc on en reparlera tôt ou tard. Lisa fait son retour, et le moins que l'on puisse dire, est que sa grossesse va bousculer les choses, surtout en ce qui concerne Nate qui songe même à élever son bébé, malgré son mariage avec Brenda. La scène de rêve de Nate où il imagine tous les bébés qu'il a pu avoir avec toutes les femmes avec qui il a couché est formidable, très stylisée avec une pointe d'humour noir. Mais si Nate idéalise la situation en pensant que tout ira bien, qu'il pourra d'un côté vivre heureux avec Brenda et élever un bébé avec une autre, il se fait des idées et la réalité est toute autre. Lisa la rammène plutôt bien à la vie réelle et elle a plutôt raison quand elle souligne l'égoisme de Nate qui ne pense qu'à lui dans cette histoire de grossesse. Bref, on va de surprises en surprises et c'est tant mieux.
Intrigue très réaliste et touchante pour Claire qui doit choisir son futur ou du moins le métier et l'école où elle va devoir s'épanouir. C'est bien de montrer que ce n'est pas toujours facile de trouver une école qui veuille de nous, les séries américaines idéalisent souvent cette situation où les cancres sont admis dans la plus prestigieuses des fac sans la moindre difficulté. Ici, Claire doit affronter la réalité, elle n'ira pas dans une grande école et devra s'en contenter, alors que Parker va aller à Yale, bien entendu car elle a triché pour y entrer. Elle se jette corps et âme dans un projet de photographe où elle prend tous les cadavres de l'entreprise en photo, et si elle croit en ce projet, tout le monde la blâme, y compris son professeur, mais aussi Nate qui souligne le fait qu'il pourraient très bien être poursuivi pour ces photos. Peu à peu, Claire commence à s'enfoncer, et j'ai trouvé cette intrigue plutôt mélancolique, et assez pessimiste pour Claire qui ne sait plus trop où elle en est. Probablement au point de la depression comme le souligne le père de Brenda, qui a d'ailleurs retrouvé le domicile conjugal, pour notre plaisir, le couple Chenowich étant particulièrement déjantés.
On avance puis on recule en ce qui concerne Ruth et Nickolai, depuis le début de la saison, ils ne semblaient pas vraiment s'impliquer émotionnellement dans leur relation, ou tout du moins Ruth, mais là elle fait un pas en avant en allant voir son appartement assez misérable, il faut bien le dire. Pourtant, Nickolai a bien l'air décidé à ne pas aller trop vite avec elle, il veut prendre son temps et ne pas bousculer ses habitudes en allant trop vite dans sa liaison avec Ruth. C'est sans doute dans son intérêt également, elle déja vécu un mariage et un veuvage des plus chaotique, elle devrait sans doute prendre plus son temps. Dans un autre registre, j'ai trouvé très touchant qu'elle dise à Brenda qu'elle l'aime bien, c'est une sacré évolution par rapport au début de la série, mais bien sur vu la situation actuelle, cette conversation est plutôt amusante.
Bilan : un très très bon épisode où chacun avance à sa façon dans le meilleur et surtout dans le pire. La fin de saison s'annonce déja exceptionnel si c'est de ce niveau là, mais nul doute que Six Feet Under saura comme à son habitude nous en mettre pleins les yeux.
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