BROTHERS & SISTERS - BILAN DE LA SAISON 1

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Diffusé depuis septembre 2006 sur ABC, Brothers & Sisters a pour principal attrait un casting exceptionnel, munis d'acteurs pour la plupart déja connus pour des rôles marquants et c'est souvent un plaisir de les retrouver. Sally Field y joue la mère de cette vaste famille, récompensée déja pas deux oscars, elle est une actrice confirmée, c'est peu de le dire. Calista Flockart réussie parfaitement sa renconversion après avoir illuminé pendant cinq ans la comédie burlesque Ally McBeal, elle étonne même donnant une autre dimension à son jeu d'actrice et on est à présent bien loin des folies du cabinet d'avocat le plus loufoque de la télévision pour laisser place à plus d'émotions et de simplicité. Autre actrice qui réussi parfaitement sa reconversion, il s'agit de la magnifique Rachel Griffiths qui après cinq années passés dans le rôle troublant et complexe de Brenda dans la grandiose et brillante Six Feet Under change de registre pour un rôle plus classique, certes mais qui fait mouche assurément.
Emily VanCamp change de registre également et laisse au placard son costume d'Amy Abott, jeune adolescente bien sous tout rapport dans la non moins splendide Everwood, pourtout inconnue en France, allez chercher. Ici elle interprète un rôle plus sombre et complexe, celui de Rebecca, la fille illégitime de William Walker, le patriarche de la famille. Patricia Wetting est également de la partie, un joli tremplin pour l'actrice qui a fait les belles heures de Prison Break. Du côté des hommes, nous retrouvons le sympathique Ron Rifkin très connu des fans d'Alias, même chose pour Balthazar Getty qui a commencé dans la fameuse série d'espionnage. La série acceuille aussi très vite le formidable Rob Lowe qui s'est par le passé illustré dans la grandiose série politique A la maison blanche. Il ne change pas vraiment de registre ici car il interprète le sénateur qui aspire à devenir président des Etats-Unis. Luke McFarlane est aussi de la partie pour jouer les guest le temps de quelques épisodes. L'acteur est surtout connu par les journaux à scandales pour sa supposé liaison avec Wentworth Miller, mais qu'importe l'acteur mérite d'être connu, son talent et sa gentillesse sont frappantes et il rend Scotty d'emblée terriblement attachant. Quand aux acteurs inconnus, ou presque, ce sont également de véritables pépites d'or. Tout d'abord, Dave Annable un acteur méconnu mais qui ne va pas le rester très longtemps, le rôle de Justin Walker, le petit dernier de la famille est son premier vrai grand rôle, il n'a joué que dans l'éphémère Réunion avant ça. Et enfin Mathew Rhys qui lui aussi est un excellent acteur qui habitude totalement son personnage à la fois drôle et touchant. Dans le genre, je pense qu'on a rarement vu un casting en béton armé comme celui-ci.
Un casting donc exemplaire pour une série qui se veut résolument familiale et qui représent un peu le parfait contraire de l'infame Sept à la maison et sa morale religieuse répugnante. Ici, pas de morale à chaque fin d'épisode, pas de père curé ni de filles promettant de rester vierge jusqu'au mariage. Non, juste une famille légerement déjantée, qui se disputent et vivent une vie de tous les jours. C'est la vie finalement. Et Brothers & Sisters n'est d'ailleurs pas sans rappeler une autre sublime saga familiale, La vie à cinq (qui a révélé notamment Neve Campbell, Matthew Fox ou Scott Wolf). Très vite, la série parvient à trouver son identité entre drame et comédie et arrive à compter sur un vaste nombre de personnages principaux, tous d'emblée très attachants, pour porter la série. Chacun se différencie des autres et chaque enfant Walker a un personnalité qui lui est propre. Seul Tommy reste un peu dans son coin et demeure le personnage le moins abouti de la série. Il reste dans l'ombre de ses frères et soeurs, beaucoup plus charismatiques, et la plupart du temps, on a du mal à s'intéresser à ses histoires, notamment quand cela concerne sa femme, Julia, un personnage totalement transparent qui ne fait que passer durant la saison, elle ne semble rattaché qu'à son mari, et du coup ils sont moins interessants. La fin de saison tente cependant de réctifier le tir avec un sublime épisode qui leur est dédié. Il faut donc espérer que la seconde saison ira sur cette voie pour epaissir la psychologie de ces deux personnages, qui demeurent sympathiques malgré tout.
Heureusement, les autres personnages de la série sont beaucoup mieux loties, à commencer par l'héroine de la série.
Car Kitty est tout d'abord présenté comme le personnage principal, elle vit à New-York et c'est avec son retour à Los Angeles que la série débute. Elle revient seulement pour fêter son anniversaire, mais les circonstances, la mort soudaine de son père, la feront rester sur le long terme. Kitty a toujours été en conflit avec sa mère, elle est républicaine et le revendique fièrement, étant donné qu'elle est journaliste et qu'elle n'hésite jamais à faire savoir ses opinions. La série est dès son pilote très impliquée dans la politique américaine, on y parle sans détour de Bush ou encore de la guerre en Irak. Sans jamais tomber la gentille morale à l'américaine, la série n'hésite pas à prendre position, notamment en ce qui concerne la guerre, et c'est l'une des qualité de la série. La vie amoureuse de Kitty ne reste par contre jamais bien calme au cours de la saison, puisqu'elle traverse diverses relations au cours de la saison, dont la principale sera celle avec le très charismatique sénateur Robert McCallister, personnage pivot introduit à la mi-saison. Un couple phare attachant, réaliste et parfaitement complétementaire. Loin des "je t'aime, moi non plus" que l'on retrouve souvent dans les dramas, Kitty et Robert représente un peu le couple idéal, et dont toutes les scènes sont un véritable plaisir non dissimulé tellement l'alchimie est parfaite entre Calista Flockart et Rob Lowe. Kevin Walker est quand à lui le frère gay de la famille, toutes les séries du moment ont un personnage homosexuel, mais Kevin sort définitivement du lot. Il n'est en aucun cas le stéréotype du gay de service qui ne vit que pour sa "différence", car au contraire Kevin est l'un des personnages les plus réussi de la série. A la fois sarcastique, drôle et touchant, c'est un personnage extrêment réaliste, qui peut-être un peu dur dans ses relations amoureuses, notamment celle qu'il entretient avec Scotty, mais au fond il est humain, avec des qualités et ses défauts, et c'est pour ça qu'on l'aime.
Sarah est tout d'abord présenté comme une femme légerement meurtrie qui vit un mariage difficile, à tel point qu'elle suit une thérapie conjugale avec Joe, son epoux.
Ce sera le fil conducteur de la saison, dont l'issue sera triste, puisque cela se concluera par une douleureuse séparation. Un personnage brillamment interprétée par l'extraordinaire Rachel Griffiths. Je ne cache pas que c'est un des personnages que j'affectionne le plus, quelqu'un d'authentique et de vrai qui subit beaucoup de coups durs durant cette année, mais qui parvient toujours à se relever malgré tout. Autre personnages que j'affectionne particulièrement, il s'agit de Justin, le petit dernier de cette famille nombreuse. Lorsque débute la série, il revient du front en Afghanistan, il n'a pas su supporter la transition et pour évacuer son mal-être, il se réfugie dans la drogue et se détruit petit à petit. La mort de son père n'arrangera en rien les choses, au contraire elles ne feront que s'aggraver, au point qu'il finira par faire une overdose qui aura le mérite de le mener en cure de désintoxication où il pourra comprendre pourquoi il en est arrivé là. Avec le personnage profondément attachant de Justin, on évoque souvent la réalité de la guerre, mais également des attentats du 11 septembre 2001 qui ont dévastés l'Amérique, et encore aujourd'hui, elle en reste traumatisée. La série ose même s'y attarder le temps d'un double épisode magnifique conçu sous la forme de flash backs retracant cette journée où tout le monde se souvient de ce qu'il faisait lorsqu'il a appris le drame. Beaucoup de scènes bouleversantes à ce sujet, et si la série ne fait jamais de morale à son public, elle exploite le sujet avec beaucoup de sobriété et de justesse. Il faut bien le dire, elle a déja tout d'une grande. La fin de la saison est aussi un rappel à la société actuelle aux Etats-Unis, puisque malgré lui, Justin est rappelé par l'armée et dans un final de toute beauté, il repart faire la guerre en Irak et qui sait si on reverra le personnage la saison prochaine. Et surtout dans quel état émotionnel.
Mais la famille Walker ne serait rien sans la mère de famille, Nora Walker interprété par l'exceptionnel Sally Field récompensé justement par un Emmy Award qu'elle mérite totalement vu sa prestation éblouissante sur l'ensemble de cette saison. Surtout avec la qualité de son personnage.
Lorsque la série débute, elle vit une vie tout à fait ordinaire, mais tout bascule à la mort de William, son epoux, et plus encore quand on découvre quand on apprend que celui-ci a eut une liaison pendant vingt ans avec Holly Harper, et que de cette amourette est né Rebecca, qu'elle ne tardera pas à prendre sous son aile, malgré sa réticence au départ. Pour Nora, il est surtout question de réapprendre à vivre, elle est dévasté par les secrets de William et perd d'un seul coup tous ses repères. Mais la grande force du personnage est qu'il n'est pas seulement axé sur le côte dramatique de la série, car chacune des scènes avec ses enfants est tout simplement irrésistible. C'est un véritable atout comique. Toute la famille est très liée, et cela transperce même derrière l'écran, la famille Walker est tellement réaliste et attachante que l'on se sent nous aussi un Walker. On se sent en famille avec la série, et c'est sans doute cela qui explique son succès aux Etats-Unis.
Les personnages tels que Holly ou encore Rebecca sont un vrai plus à la série. Dès le départ, Holly n'apparait pas comme la vilaine sorcière, mais au contraire une femme malheureuse qui s'est accroché à un homme inaccessible pendant près de vingt ans tout en cachant de sombres secrets. L'un d'eux étant l'existence de Rebecca, la fille né de sa liaison avec William. Un secret qui éclatera en milieu de saison dans un magistral épisode qui confirmera le fait que la série est actuellement l'une des meilleures séries dramatiques du moment, et par le même coup, le clan Walker sera complétement divisé. Incarnée par la splendide Emily VanCamp, Rebecca ressemble à un ange descendu du ciel, mais c'est pourtant un personnage très trouble, très ambigue. Très sombre oserai-je même dire. Comme sa mère, elle n'a pas toujours fait les bons choix, et ce n'est pas une sainte, loin de là. Dans les derniers épisodes, on laisse sous-entendre un passé peu reluisant à jeune fille, qui entre auto-destruction et mensonges à répétition file un bien mauvais coton. Cela laissera place sans doute à une très belle intrigue durant la saison 2. Son intégration chez les Walker constitue également des moments très forts, tel son premier diner chez Nora. Elle tente de s'intégrer, mais c'est très dur de pénétrer dans une famille si soudée à 20 ans, surtout avec un passif comme le sien.
Surtout quand certain, comme Sarah ou Kitty sont plus que réticents face à cette intruse. Seule Nora et Justin acceuille dès le départ cette nouvelle venue à bras ouverts. Il se tisse vite une vraie belle relation entre Rebecca et Justin, une belle relation de confiance car ils se comprennent l'un l'autre. Saul, le frère de Nora est un personnage beaucoup moins présent, mais il n'en reste pas moins sympathique, au contraire. On évoque d'ailleurs en fin de saison une possibilité de coming out pour le personnage, celui-ci s'étant fait particulièrement discret sur sa vie amoureuse, et le doute a toujours plus ou moins plané. Au passage, on retrouve l'excellent Michael Nouri (Newport Beach, Damages) qui sera sans doute encore de la partie pour la deuxième saison.
Chez les Walker, tous les pretextes sont bons pour faire la fête. Et donc durant la saison 1, on fait souvent la fête, comme par exemple pour Noël (épisode 10), une fête de charité (épisode 7), l'acceuil de Rebecca (épisode 17), l'hilarante game party (épisode 19), l'ouverture du vignoble (épisode 21) ou encore les fiancailles de Kitty (épisode 23). Chaque fête donne lieu à de très grands moments, tantôt drôles et tantôt plus dramatiques. Toujours un pur bonheur chez les Walker.
En définitif, Brothers & Sisters est une très belle découverte, une série familiale croisée entre le soap et le drame pur et réaliste, sans oublier d'être amusante et parfois décalée. Des personnages attachants et humains, des thèmes de société dépeind avec profondeur, sans oublier des relations familiales quasiment parfaites. TF1 a acquit les droits du show depuis déja quelques temps, mais semble l'avoir oublié dans ses vieux cartons, qui sait si elle arrivera un jour sur cette funeste chaine. Mais il serait très bête de passer à côté de cette série qui ne fait pas beaucoup parler d'elle malgré ses grandes qualités.
Bilan : Une excellente première saison pour Brothers & Sisters que l'on peut déja considérer comme l'un des meilleurs dramas de ces dernières années. Une série humaine, authentique, touchante et réaliste qui n'en oublie pas pour autant d'être drôle et déjantée grâce à la famille Walker magnifiquement dépeinte.
Bonus : le clip Pictures of you, qui sert de promo à la saison 2 et qui reprend des images de la saison précédente.
La bande annonce du premier épisode de la saison 2.