REQUIEM FOR A DREAM

Publié le par ryan


Harry Goldfarb est un junkie. Il passe ses journées en compagnie de sa petite amie Marion et son copain Tyrone. Ensemble, ils s'inventent un paradis artificiel. En quête d'une vie meilleure, le trio est entraîné dans une spirale infernale qui les enfonce toujours un peu plus dans l'angoisse et le désespoir. La mère d'Harry, Sara, souffre d'une autre forme d'addiction, la télévision. Juive, fantasque et veuve depuis des années, elle vit seule à Coney Island et nourrit dans le secret l'espoir de participer un jour à son émission préférée. Afin de satisfaire aux canons esthétiques de la télévision, elle s'astreint à un régime draconien. Un jour, elle le sait, elle passera de l'autre côté de l'écran...


Bouleversant. C'est le mot qui me vient à l'esprit après la vision de ce film absolument hallucinant. Le film suit le parcours de quatres personnages liés d'une façon ou d'une autre et qui finiront par sombrer peu à peu dans l'angoisse et la dégradation. Un film dont le thème central est la dépendance, toute les formes de dépendances.


Une femme, Sara Goldfarb rêve un jour de passer de l'autre côté du petit écran, elle ne vit que pour ce but précis. Vivant dans un appartement minable, veuve et agé, elle n'a que la télévision comme divertissement. Son fils faisant sa vie à lui, elle n'a que peu de visites au cours de ces journées, elle est seule au monde. Elle trouve dans la télévision un monde paisible, un reconfort et quand le téléphone sonne pour lui annoncer qu'elle va participer à son émission préféré, l'espoir se réhausse pour Sara. Elle se sent revivre, mais veut à tout prix être parfaite pour ce grand jour.


Sa relation avec son fils Harry est très touchante, elle a tout sacrifié pour lui et croit qu'il se construit une vie de rêve, elle le croit heureux alors que lui est en pleine descente aux enfers. Pour son grand soir de gloire, elle est plus décidé que jamais à être parfaite, à entrer dans sa robe rouge, la robe préféré de son defunt mari. Elle décide de suivre un régime draconien, pour perdre ses kilos. Elle commence par ne manger qu'un pamplemousse et un oeuf pour ensuite céder à la facilité : les petites pillules de régime. C'est une véritable descente aux enfers qui s'ensuit pour ce personnage accro aux pillules qui va totalement perdre toute lucidité et sombrer dans la dégradation. Elle finira le film sous electrochoc mais toujours obsédé par son jeu télé dont sa participation n'arrivera finalement jamais. C'est sans doute le personnage le plus fort du film, une femme touchante qui nous prend en pitité. Ellen Burstyn est absolument magistrale dans ce rôle. 


Mais si seulement c'était la seule, tous les acteurs sans exception sont magistraux chacun dans un rôle extrêment difficile à jouer. A commencer par Harry, le fils de Sara. J'aime beaucoup l'acteur Jared Leto que j'avais déja aperçue dans plusieurs autres films. Mais il est tout bonnement bluffant dans le rôle d'Harry. Un junkie qui rêve d'une vie meilleure, qui veut reprendre sa vie en main, fonder une famille, mais toujours hanté par les démons de la drogue. Il rêve tellement de commencer une nouvelle vie qu'il finit par devenir dealer avec son pote pour amasser un peu d'argent. Mais tout s'enchaine très mal, et son nouveau job se transforme en enfer. Il y a chez Harry un côté paumé, il a encore cet âme d'enfant qui le rend si attachant et qui constraste finalement avec la personnalité torturé de Sara. Il est encore innocent, il veut faire le bien autour de lui, ce qui rend le personnage extrêment humain et sa destruction progressive fait vraiment peine à voir tout au long du film.


Il en est de même pour sa copine, Marianne, une jeune fille déja blasé par la vie et torturé qui noie son chagrin dans l'heroine. Son parcours est émouvant, elle cherche à s'en sortir pour vivre une vie tranquille avec Harry, mais cela finira mal pour tous. Elle finit par sombrer encore plus bas que terre, en se prostituant. Une conclusion émouvante et dure pour un personnage dure à jouer, mais l'actrice est époustouflante, il n'y a rien à dire. C'est un rôle très difficile à jouer et encore plus à rendre touchant, mais c'est brillament réussi.


69197537-ph3-w434-h289-q80.jpgCe trio vit dans un monde virutelle, il ne vivent pas la vie, ils y échappent. Ils s'abandonnent dans un paradis artificiels avec des injections de plus en plus fréquentes tout au long du film. Jusqu'à un point de non retour, cette croisade est destructrice et detruira tous les personnages. Comme le spectateur, ils ne ressortiront pas indemne de Requiem For A Dream...


Comment ne pas parler de la réalisation du film. Une mise en scène très originale, assez dérangeante au début. Des effets visuels chocs aux séances de shoot démentiel, la réalisation est parfaitement maitrisé de bout en bout. Tout particulirement dans un dernier quart d'heure dont on aura du mal à se remettre, vu l'angoisse physique et psychologique dans lequel nous plonge ce film amer, noir, acide et insoutenable tellement il est puissant et poignant. La musique est parfaite, des morceaux de musiques classiques qui appuyent de sentiment de tragédie, parfois c'est aggressif, tout comme l'image, on sursaute, cela renforce ce sentiment d'auto destruction. Alors oui, le film est étrange, l'ambiance est étrange, mais cela renforce ce sentiment de dégradation du monde dans lequel se trouve le personnage. Et sans cet ambiance, le film ne serait sans doute pas ce qu'il est.


Si l'addiction a déja été traité, jamais elle n'a été traité de façon si subtile et choc que dans ce film. Commencant comme un drame, il se change vite en un film terrifiant qui nous fait réfléchir sur la condition humaine. On a l'impression d'être à l'intérieur de partager l'existence de ces personnages, ce qui renforce ce climat horrifique presque insupportable. Le spectateur sentira le malaise des pratagonistes, des personnages qui sont comme endormis, entre vie et mort, entre paradis et enfer. D'ailleurs la réalisation insiste sur ce malaise, les plans successifs des shoots d'Harry ou alors le frigo de Sara qui l'"appelle" à plusieurs reprises.


Si le film n'est qu'interdit aux moins de 12 ans, il n'en reste pas moins plus insupportable que bons nombres de films d'une interdiction plus élevée. Beaucoup de scènes restent dans les esprits, notamment la dernière demie-heure du film dont personne ne sortira indemne. On plonge à ce moment dans la destruction physique et psychologique des personnages réduit à un état de néant. Marianne se prostitue mais n'a plus aucune réaction, plus aucune émotions, elle est vide de l'intérieur. Ty finit en prison après avoir fait les mauvais choix. Sara est contrainte aux electrochocs, elle est méconnaissable dans le dernier plan, totalement défiguré et ravagé. 69197537-ph1.jpgQuand à Harry, à force d'injections d'héroine, il a un bras ravagé et il doit subir une amputation dans une série de scènes insoutenables. Deux scènes sont principalement fortes en ce qui le concerne. La scène finale où il se rend compte qu'il est definitivement seul, qu'il a tout perdu. Mais aussi et surtout le moment où il appelle Marianne lui disant qu'il reviendra, qu'ils seront heureux tous les deux. C'est d'autant plus bouleversant qu'ils savent tous les deux que cela n'arrivera jamais, ils sont perdus l'un comme l'autre. Jared Leto est tout bonnement boulerversant.


Requiem for a dream est un film extrêment pessimiste, sans espoir. Le film d'une génération desenchantée, blasé et sans aucune perspective possible. Il narre les dépendances puissantes dans lesquelles nous pouvons tous tombés à un moment ou un autre, un récit auto-destructeur, cauchermardesque mais pourtant tellement réaliste qu'il nous met forcément mal à l'aise.


Bilan : Requiem for a dream est un véritable electrochoc. Un récit unique, pessimiste, noir, violent et auto-destructeur qui nous plonge dans les abysses d'un monde dur et réaliste à la fois. On vit un cauchermar vivant avec ces personnages dont on a l'impression de vivre ce chemin de croix avec eux. Il est impossible de ressortir indemne de Requiem for a dream. Un très grand film.


Note : 9,5 /10


Bonus : la bande annonce du film.

Un montage éprouvant du film, avec en la bande son magistrale.
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Publié dans Cinéma

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F
Je n'avais pas vu que tu avais fait la critique de ce film sur ton blog. Après l'avoir lue, je te rejoins sur tous les points et peut-il mériterait-il un 10 / 10... ;) En tout cas, je ne relève aucun mais alors vraiment aucun défaut dans ce film... Tout y est : Le scénario et son déroulement, la réalisation, les personnages et les acteurs, la musique, ... Des moments drôles, notamment avec Sara mais aussi des moments émouvants, avec le même personnage qui nous a fait rire avant. C'est franchement bien joué.Je retiens surtout de ce film "l'avant-fin" où l'on voit la situation finale de chaque personnages... Je me repasse en boucle la scène tellement elle est parfaite, l'une des meilleurs scènes du cinéma, avec la musique tout aussi suggestive. Le film parle de lui-même, on n'a pas besoin de clichés ou d'expliquer la situation sans être superficielle et dès qu'un film réussit ça, alors forcément, ça me plaît.Ca en fait même mon film favori.
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R
Ah oui, si tu ne l'a pas vu alors je te le conseille vraiment. J'ai eut du mal à me remettre de ce film, les jours après le premier visionnage, on y pense encore. Un film finalement extrêment flippant tellement il est réaliste.
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N
Il faut absolument que je vois ce film !! J'arrête pas d'en entendre parlé et je ne l'ai tjs pas vu...
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