ORANGE MECANIQUE

Au XXI ème siècle, où règnent violence et sexe, Alex, jeune chef de bande, exerce avec sadisme une terreur aveugle. Après son emprisonnement, des psychanalystes l'emploient comme cobaye dans des expériences destinées à juguler la criminalité...
Sortie en 1971, Orange Mécanique fait partie de ses films dont la réputation tient surtout du scandale qu'ils ont provoqué. Véritable électrochoc à sa sortie, le film a pris un sérieux coup de vieux (normal), mais n'a rien perdu de sa force et de son intensité. Kubrick signe son meilleur film et Malcom McDowell est renversant.
Déja première grande qualité du film, c'est d'avoir bien cerné la société en faisant d'un film censé être futuriste à l'époque. Il faut aussi dire que la violence et la haine du film est un message tellement commun dans le cinéma actuel que le film perd un peu de sa force de ce côté, malgré tout cette ultra-violence met toujours une boule dans le ventre.
Le film se déroule en 3 parties : dans la première partie insoutenable, on découvre Alex et sa bande et leur façon très spéciale d'occuper leurs soirée : viol, meurtre, dégradation... Viens ensuite l'arrestation du personnage principal ainsi que le traitement de choc qu'on lui inflige. Et en troisième partie, la réinsertion d'Alex est montré en conclusion.
3 parties qui s'enchainent à merveille, et finalement au bout d'un moment nous fait ressentir une certaine compassion pour Alex. Car oui la première partie est très dérangeante, rien que la scène d'intro est insoutenable et s'ensuit une série de violence et de viol. Une des scènes les plus dérangeante du film est celle où Alex chante "Singing in the rain" tout joyeux et en dansant pendant qu'il violente et viol un couple. La musique est pour beaucoup dans la force du film, la BO de Beethoven donne un petit côté "fou" et "beau" au film, qui ne fait que renforcer son intensité à chaque note.
Viens ensuite l'arrestation d'Alex, piegé par ses collègues qui se vengent de lui. Il est donc emmené en prison et choisi pour une expérience scientifique censé le "guérir". Là Kubrick s'interroge sur le monde, peut-on sortir de prison en étant "guéri" surtout si un meurtrier a des pulsions de meutres et de viol, peut-il s'arrêter comme cela, est-ce qu'un traitement contraint et choc peut l'aider à guérir ??
Il faut dire que le traitement infligé à Alex est également insoutenable avec une performance incroyable de McDowell, comme le démontre la scène où le personnage est forcé de regarder des images d'ultra violence en gardant ses yeux bien ouverts. Ou alors, celle où il se fait maltraiter devant un public, comme s'il jouait une pièce de théatre.
Une fois son traitement ayant réussi, Alex est donc relaché en liberté, mais découvre qu'il doit faire face à ses actes. Ses parents ont une nouveau "fils", ses anciens amis lui en veulent beaucoup et il doit affonter ses crimes, comme c'est la cas avec le vieillard qu'il a violenté quelques mois plus tôt. Finalement, le traitement n'aura pas été efficace, puisque Alex finit par replonger, on ne peut pas aller contre ses pulsions surtout quand on y est contraint. C'est peu le message que nous livre Kubrick sur la nature humaine.
Bilan : un très bon film qui malgré le fait qu'il ait mal vieilli, 30 ans quand même garde toute sa force et sa psychologie parfois difficilement supportable. Kubrick est au sommet de son art et McDowell scotchant.
Note : 8,5 / 10